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  • Photo du rédacteurAnaïs Livet

Vivre la non-dualité dans un monde duel manifesté. (Part. 2)


dualité et non dualité dans la spiritualité

Nous sommes dans une réalité manifestée. Par définition, elle est duelle. Tout ce qui « naît », naît par deux. Les galaxies, les planètes, les âmes...

Se souvenir du principe de non dualité, de l'absence de séparation, savoir que tout ce qui Est est divin, toutes les facettes de l'existence...ne signifie pas que l'on ne doit pas faire preuve de discernement sur ce que l'on souhaite expérimenter.

Nous ne sommes pas ce que nous expérimentons, nous ne sommes pas ce petit personnage incarné. Nous ne sommes pas notre vécu, nos traumas, nos réussites et nos défaites. Nous ne sommes pas nos émotions. Nous avons plus de facilité à nous raconter que ces choses que nous jugeons négatives ne nous définissent pas, à l'inverse de nos qualités, nos forces, notre résilience, nos potentiels.

Pourtant rien de tout cela est "nous". Il faut regarder le grand puzzle, l'image entière. Il faut dézoomer.


Qu'est-ce qui ressent en moi ? Je ne suis pas cette émotion, je l'expérimente. J'observe ce qu'il se passe. Et qui est-ce qui observe en moi ? Qui est ce « je » qui dit « je » ?

Je ne suis ni la petite personne incarnée, ni son âme avec son cheminement. Troquer une identification pour une autre n'est qu'un piège : surtout quand l'étiquette est plus alléchante (plus de pouvoir, plus de grandeur...). Me désitentifier ne devrait pas signifier me réfugier dans un autre rôle.

Le « Jeu » de la manifestation est complexe et infini, il est facile de s'y perdre, d'autant plus lorsqu'on est persuadé que tout ce que l'on fait nous amènera à la sortie.

Croire que se souvenir de ses vies passées, développer ses capacités, sorties astrales, puissance énergétique, canaux de médiumnité, se purifier, connaître tous les anciens textes, différents systèmes de yoga, de kabbale, d'occultisme en tout genre... va nous mener à battre l'Univers à son propre jeu me semble risible et dangereusement arrogant. L'Univers multidimensionnel, ses espaces temps... C'est un immense plateau de jeu en 7D, 8D, 9D, etc... avec ses passages et zones secrètes qui se révèlent, lorsqu'on y joue, qu'avec la bonne combinaison de codes ou mudras, ou manipulations, comme un casse-tête infini... Devenir un érudit puissant qui sait contrôler les énergies et les utiliser à ses fins (toutes positives qu'elles soient) fera de vous un excellent joueur, voire, qui sait, un des « boss » de la simulation. Mais cela ne vous fera pas en sortir. Vous vivrez une vie de rêve dans l'illusion...Avec ses hauts et ses bas car c'est le principe même de l'identification et de la manifestation soumise aux différents courants énergétiques.


Rien ne vous empêche de faire tout ça, je suis moi-même en exploration de ces voies et des portes qu'elles ouvrent. Mais il n'y a nulle voie menant à l’Éveil Ultime, la libération totale, car celle-ci n'est pas une destination. Il y a un labyrinthe sans sortie qui n'existe qu'en projection et disparaît seulement lorsque l'on intègre au plus profond de nos cellules, de notre cœur, que rien de tout cela n'existe et que tout Est, simplement.

Dézoomons. Dézoomons.

Le petit personnage ne peut rien. Il ne va pas atteindre quoi que ce soit, le divin, l’Éveil, ou autre... Il est très humain de croire que l'humain peut cracker le code de l'Univers, de Dieu, et le devenir. Pour s'éveiller, il faut abandonner cette identité. D'humain, d'Âme. L'ego se raconte des histoires, ne voulant pas disparaître. Extrêmement malin, il arrive à nous convaincre que nous pouvons réussir, atteindre l’Éveil, le Mahasamadhi....

Si nous nous éveillons, nous ne serons pas des Êtres éveillés. Car il n'y a plus personne à être dans l'éveil. Jamais l'ego ne voudra cela. "Vous" ne voulez pas cela, peu importe combien vous pouvez le croire. "Je" ne le veux pas non plus.

Il n'y a plus personne à être dans l’Éveil.

Ni vous, ni moi. Reconnaître que le Divin est en nous, ce n'est pas nous reconnaître dieux et déesses. C'est reconnaître que nous faisons partie du grand Tout, sans distinction aucune avec « le reste ». Ce n'est pas le Grand Tout qui fait partie de nous. Ce n'est pas Dieu qui est en nous. C'est nous qui sommes en Dieu.

Aujourd'hui, on invite à la reprise de pouvoir, à retrouver sa divinité, à réveiller le dieu ou la déesse en nous... Cette urgence du retour au divin me semble avoir été détournée.


Dézoomons. Il ne s'agit pas d'accumuler des capacités psychiques, des initiations, des noms d'initiés, des rituels, des capacités magiques... on en rajoute, des étiquettes, des outils dans le sac à dos...

Au contraire, il s'agit de se délester.

Monter de niveau dans le jeu de l'illusion, en devenir l'un des meilleurs joueurs... et commencer à croire qu'on fait concurrence à son créateur, ou que l'on sort de la masse, s'élevant au dessus des autres pour Le regarder et être vu en retour... Comme s'il allait nous taper sur l'épaule et nous dire « bravo, t'as fini le jeu, tu peux en sortir, rejoins moi. »

Game Over, on recommence, encore et encore, ici ou ailleurs, sur un autre plan, pourquoi pas, moins dense, avec plus de puissance...donc plus de pièges. Sur des vies, et des vies... jusqu'à rentrer dans le royaume des dieux en croyant être Dieu. Jolie cage dorée.

Tant que l'on veut Être quelqu'un, nous n'en sortirons pas.

Tant que l'on vise Dieu, nous ne le vivrons pas. Se désidentifier, c'est contre-intuitif. C'est mourir. L'Ego est là pour nous maintenir en vie et on lui demande de se détruire. Il est beaucoup de choses, mais il n'est pas suicidaire, jamais. Il peut vous raconter que oui, il se désidentifie, soyez certains qu'il ne le fait pas, il vous endort.

Construire son Être avec tout ce vécu et ces pratiques, expériences...c'est s'agripper à Être quelqu'un. Donc s'agripper à la dualité, puisque être quelqu'un n'est possible que tant qu'il y a l'Autre.

Courir sur toutes ces voies, c'est s'assurer de ne jamais atteindre ce Un.

Attendre sans but sur son canapé, enfermé dans son « Je » ne mènera à rien.

Et s'agripper à cette autre vision de « non voie » ne vous mènera nulle part non plus. Tant que c'est le mental qui cherche à se désidentifier de lui-même, qui prétend que c'est le cas... on se contente de s'endormir en se racontant de belles histoires.


...Alors, lâchons tout ça, ces mots, ces idées... Ils ne sont que mon fond de tasse à moi (cf. part. 1). Ils ne sont pas moins illusoires que le reste, sans intérêt, lâchons.

Je ne Vis rien de tout cela, c'est mon mental qui se saisit, et il est certain que ce n'est pas lui qui va cracker le code de l'Univers !

Je parle de contrôle et de techniques, et des merveilles de la Voie du Tantra mais pour moi elle est une Voie d'éveil des corps consciences, de transformations, de transmutation exceptionnelle... mais elle n'est pas, à mes yeux, une voie d’Éveil Ultime. Il y a être en état de Samadhi, et il y a Être (non-être?) en Mahasamadhi.


Revenons à notre sujet.

Comment vivre cette dualité sainement, en se rappelant le Un, et en évitant au mieux de vivre ses fragmentations qui ne résonnent pas avec le « je » ?

Le « Je » incarné est la cafetière dont nous parlions plutôt, et ce qui en ressort est la vie qui s'exprime à travers nous. Notre personnalité, « individualité » est la manifestation des courants énergétiques sous lesquels nous avons été « confectionnés », entrant en résonance avec ceux qui se manifestent à l'instant T. Une réaction alchimique entre des forces cosmiques et universelles. « Je » crois que je suis. Au mieux, « je » crois que je joue un rôle.

Lorsque « je » veux faire, « je » contrôle, « je » tente de prendre le volant, me crispe et freine tandis que la vie tente de s'exprimer à travers moi.

Le « je » fait partie du « jeu ». C'est le rôle qui se joue à travers moi et non l'inverse.

Ces questions de néo tantra, Tantra traditionnel, et autres courants spirituels, ou même toute expérience, ne nient pas la non dualité, elles soulèvent la question de ce que nous souhaitons vivre.

Oui, tout cela est une illusion, oui nous baignons dans la Grâce et nous sommes traversés par le « sacré » à chaque instant. Oui, tout Est un, tout Est, en fait. Il n'y a qu'Un en essence.

Mais si nous rencontrons le même « Dieu » à travers la prière qu'à travers la guerre, devons-nous encourager cette dernière ? La Bhagavad Gita nous l'enseigne, aller jusqu'au conflit peut être juste, s'il y a une réelle désidentification. Si on ne sert plus les intérêts humain. Il faut savoir différencier le Divin, des « projections divines » de l'humain.

Qu'est-ce qui en nous agit ? Qu'est-ce qui est recherché ?

Quelle fréquence vibratoire recherchons nous pour nourrir ce qui l'appelle en notre être, qui résonne au diapason ?

La manifestation est duelle. Dès lorsqu'il y a quelqu'un pour dire « je », il y a l'autre, et le 1 devient fractal. Il passe à travers le prisme de la manifestation et se « divise » en fréquences infinies. Ce sont ces fréquences qui servent de baromètre et définissent ce que l'on expérimente.

Il n'y a pas de jugement de valeur sur la création, sur ces facettes multiples. Il n'y a qu'une question, lorsque l'on compare les expériences, qui demande une clairvoyance et une honnêteté implacables :


-Dans cette vie, même illusoire, que voulez-vous expérimenter ?


Soyons honnêtes, toujours, dans notre démarche. Nous ne duperons pas l'Univers

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